Recolt’IQ est une plateforme destinée aux agriculteurs, utilisable sur mobile comme sur navigateur web. Elle doit répondre à deux situations très différentes : l’utilisation sur le terrain et la gestion depuis un ordinateur au bureau.
La plateforme comportait de nombreux écrans et fonctionnalités, avec une interface existante dense et une palette de plus de 80 couleurs. L’enjeu était de simplifier l’expérience sans supprimer les informations nécessaires aux utilisateurs.
Recherches & processus
J'ai commencé par reprendre les écrans et les fonctionnalités pour comprendre le fonctionnement de l'application. Comme je ne connaissais pas le milieu agricole, j'ai beaucoup échangé avec Thibaud (fondateur et développeur) et Adrien (co-fondateur), pour comprendre les termes utilisés et l'importance des différentes informations.
Il fallait faire la différence entre ce qui était nécessaire au fonctionnement de l'application et ce qui pouvait être simplifié dans l'interface.
Le projet m'a demandé de trouver un équilibre entre mon regard de designer et les habitudes du métier. Adrien connaît les besoins d'un agriculteur, mais il ne représente pas à lui seul tous les utilisateurs de Recolt’IQ. Je devais prendre en compte ses retours tout en gardant une vision plus large de l'expérience.
Les usages sur le terrain ont influencé mes choix. L'application doit pouvoir être utilisée rapidement, parfois en plein soleil, avec un téléphone en main. Les informations importantes devaient rester lisibles et les actions principales facilement accessibles.
UX & système d’interface
Le premier travail a porté sur les couleurs. Chaque culture avait sa propre couleur, ce qui amenait à plus de 80 couleurs dans l'application. C'était difficile à retenir et posait aussi un problème d'accessibilité.
J'ai regroupé les cultures en 13 catégories pour construire un système de couleurs plus simple. L'objectif était de conserver le repérage par couleur sans avoir une couleur différente pour chaque culture.
J'ai retravaillé les boutons, les switchs, les icônes et la navigation. Il y avait beaucoup d'icônes utilisées pour transmettre des informations qui pouvaient être présentées plus simplement. La barre de navigation et la barre supérieure regroupaient trop d'informations, elles ont aussi bénéficié d'une simplification.
Les boutons flottants ont demandé plusieurs échanges. Au départ, je voulais les supprimer. Ils correspondent en fait aux actions principales de chaque écran : créer une intervention, exporter un registre, accéder à une benne ou réaliser une autre action fréquente.
Sur le terrain, ces boutons permettent d'aller à l'action sans devoir chercher dans la page ou faire défiler l'écran. J'ai gardé ce système en l'adaptant aux différents écrans.
Le registre phyto a été l'un des écrans qui m'a demandé le plus de réflexion. La première version affichait plusieurs encadrés rouges et les informations à corriger directement dans la page. Les alertes prenaient tellement de place qu'on ne pouvait plus voir le registre lui-même sans devoir défiler.
J'ai regroupé ces informations dans une notification en haut de l'écran, avec une action « Corriger ». L'état du registre reste ainsi visible dès l'arrivée sur la page sans prendre toute la place.
Site vitrine
J'ai repris le site vitrine de Recolt’IQ pour présenter l'outil et convaincre de nouveaux utilisateurs.
La première version avait elle aussi été générée avec Claude, mais elle ne suivait pas la structure d'une landing page et ne rassurait pas suffisamment un agriculteur qui ne connaît pas bien les outils numériques.
J'ai retravaillé la structure des sections, les textes et les arguments de conversion. Le ton est passé du tutoiement au vouvoiement et le vocabulaire a été simplifié.
J'ai réalisé un benchmark de plateformes agricoles comme Agrivi, Farmbrite ou John Deere pour observer leur manière de présenter leurs outils et de s'adresser aux agriculteurs.
Résultat
La nouvelle interface est aujourd’hui utilisée au Canada, par Adrien dans son quotidien et en France, par une dizaine d'agriculteurs. L'application reste encore au stade du lancement, mais elle est aujourd’hui plus claire, cohérente et aboutie, avec une base qui peut accompagner le développement de l’application au-delà du marché français.
Le projet m’a aussi permis de travailler sur un produit qui ne s’adresse pas uniquement à des utilisateurs habitués aux outils numériques, avec la possibilité de penser dès le départ une application qui peut évoluer vers un public international.